Après la musique et le cinéma, l’encre sur papier. Le talent de Philippe Katerine se nourrit sans fin de nouveaux territoires. De nouvelles virginités, précise l’intéressé dans une interview récente. Son regard unique prospère dans l’innocence et la spontanéité, mais aussi dans la règle «qui corrige l’émotion». Réalisée sur quelques mois, comme un disque ou un film, voici donc une chose qu’il n’avait jamais faite : son journal graphique.

Entre recueil d’haïkus et Cahiers de Braque, un day by day de ses réflexions, observations, illuminations, hallucinations, souvenirs, pensées fugitives épinglées comme des papillons. Une vue en coupe sur un esprit singulier, obsédé de lucidité. Les rouages de la création révélés. Des mots et des dessins, des collages, des slogans, des gags, qui dansent et font musique, dans le droit fil de son travail discographique. Partant de Philippe, l’enfant au coeur troué, pour arriver à Katerine, beautiful people au pays des Merveilles, il tient d’un crayon inflexible le procès-verbal d’une vie qui avance.

C’est le Gaspard de Verlaine, « riche de ses seuls yeux tranquilles» qui nous observe, en quête du secret de nos ultramodernes malaises et ambiguïtés. Un document exceptionnel. Un must pour tous les amateurs de ce que la pop française compte de meilleur et de plus audacieux. Et, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Katerine, l’occasion inespérée de rencontrer un artiste d’exception.



Une interview à propos du livre :